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Gabriel Zucman@gabriel_zucman · Oct 1, 2026

Bonjour M. @SebLecornu , le budget que vous venez de présenter a le mérite de la clarté : vous êtes prêt à tout…

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Summary

Le gouvernement français propose un budget qui augmente les contributions des retraités, travailleurs et familles modestes (réductions de pensions, allocations, nouvelles taxes) tout en refusant de faire payer les milliardaires, perpétuant ainsi une injustice fiscale. L'auteur dénonce cette inégalité et propose un impôt plancher de 2% pour les ultra-riches possédant plus de 100 millions d'euros, qui pourrait générer 20 milliards d'euros annuels et corriger le déficit budgétaire causé par des réductions d'impôts depuis 2017.

Summarized by ThreadOut AI from the full thread. May miss nuance — read the thread below.

  1. #1

    Bonjour M. @SebLecornu , le budget que vous venez de présenter a le mérite de la clarté : vous êtes prêt à tout (dérembourser des médicaments, réduire les indemnités pour accidents du travail, raboter les retraites de plus de 2000 euros…) avant de demander ne serait-ce qu’un centime à @BernardArnault et aux milliardaires français. 🧵

  2. #2

    C’est donc aux autres catégories sociales qu’il est demandé de faire des efforts. Une fois de plus. Qu’on en juge.

  3. #3

    Au lieu de faire payer aux milliardaires leur juste contribution, le gouvernement a choisi de s’en prendre d’abord aux retraités : 5 milliards de baisses de revenus pour nos parents et grands-parents. 5 milliards, c’est ce que rapportait l’impôt sur les grandes fortunes (ISF) qui a été supprimé par Emmanuel Macron en 2017. Protéger les milliardaires et s’acharner sur les grands-mères et grands-pères : ce qui se prépare est inacceptable.

  4. #4

    Mais ce n’est pas tout : fiscalisation des indemnités pour maladies du travail et pour accidents professionnels, nouveaux impôts sur les biscuits et les barres céréalières, baisse de l’allocation rentrée scolaire, etc. Reconnaissons la créativité dont le gouvernement fait preuve pour défendre les privilèges fiscaux des ultra-riches : il n’y a dans ce budget aucune mesure pour les faire rentrer dans le champ de la solidarité nationale. Aucune.

  5. #5

    Ces derniers ont pourtant vu leur richesse exploser ces 30 dernières années. Selon le magazine Challenges, en 1996, la richesse des 500 plus grandes fortunes s'élevait à 80 milliards d'euros, soit 6 % du PIB de l'époque. En 2026 : 1076 milliards d'euros, soit 35 % du PIB. Ce qui signifie que si ces 500 plus grandes fortunes dépensaient tout leur argent, elles pourraient acheter plus d’un tiers de tout ce qui est produit en France (biens et services) une année donnée.

  6. #6

    Malgré l’explosion de leur fortune, les milliardaires ne contribuent pas aujourd’hui à hauteur de ce qui est demandé aux autres catégories sociales — salariés, cadres, indépendants, etc. Ils jouissent d’un privilège fiscal qui bafoue le principe fondamental d’égalité devant l’impôt affirmé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. L’impôt plancher de 2 % que je défends vise à corriger cette anomalie.

  7. #7

    Cette mesure ne concernerait que les foyers fiscaux possédant plus de 100 millions d’euros de patrimoine, au nombre de 1 800 environ. Elle permettrait simplement de s’assurer que les ultra-riches contribuent aux charges communes à la même hauteur que les autres citoyens. Cette mesure rapporterait de l'ordre de 20 milliards d'euros par an.

  8. #8

    Pour avoir un ordre de grandeur, mettons cela en rapport avec le budget proposé par le gouvernement. Baisse des retraites : 5,5 milliards d’euros attendus. Baisse des allocations familiales et de l’allocation rentrée scolaire : 1,1 milliard Taxes sur les biscuits : 300 millions Etc.

  9. #9

    Les annonces de M. @SebLecornu vont perpétuer la rupture de l’égalité devant l’impôt. Elles consolident le triomphe de l’injustice fiscale et sociale. Et mettent en péril nos finances publiques.

  10. #10

    Car les faveurs consenties aux grandes fortunes et aux grandes entreprise se trouvent au cœur du dérapage de nos finances publiques : contrairement à ce qu’affirment un certain nombre de médias et de responsables politiques, nous avons avant tout un problèmes de recettes publiques et non de dépenses publiques.

  11. #11

    Le gouvernement a choisi de réduire les recettes fiscales du pays. Depuis 2017, ce sont 2 points de PIB de recettes qui manquent à l’appel, soit 60 milliards d’euros par an. C’est l’équivalent du budget de l’éducation nationale qui s’est volatilisé.

  12. #12

    D’après les travaux de l’OFCE, ce manque à gagner provient de différentes réformes et cadeaux fiscaux : suppression de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, “flat tax” sur les revenus du capital, suppression de la taxe d’habitation, etc. Nombreux ont bénéficié aux acteurs économiques les plus privilégiés.

  13. #13

    D’autres choix budgétaires sont devenus impératifs. Peut-on continuer à tolérer que ceux qui possèdent le plus – les milliardaires – paient le moins ? Peut-on continuer à tolérer que les grandes multinationales aient des taux d’imposition plus faibles que les PME, artisans et boulangers ?

  14. #14

    Peut-on continuer à tolérer que TotalEnergies ne paie pas ou presque d’impôt sur les sociétés en France ? Peut-on tolérer que les grands groupes multinationaux, dont les profits explosent, puissent payer encore moins en 2027 qu’en 2026, comme le prévoit le budget ? Non, bien évidemment que non.

  15. #15

    Il n’y a guère de raison de mettre à contribution qui que ce soit avant de s'être assuré que les milliardaires ne paient pas moins d’impôt que les classes moyennes et que les grandes entreprises ne paient pas moins que les PME. C’est simple, c’est basique.

  16. #16

    Nous comptons sur la représentation nationale et les partis politiques attachés à la justice pour défendre le principe d’égalité devant l’impôt et l’abolition du privilège fiscal des ultra-riches.